Pratique ancestrale, la médecine exercée dans les communautés amérindiennes est une expression de leur culture et de leur philosophie. Grâce à de longues années de mobilisation, le mouvement indigène a obtenu sa reconnaissance dans la constitution parmi de nombreux autres droits collectifs.
Autrefois montrée du doigt dans une société des plus racistes, la médecine traditionnelle gagne maintenant un nouveau public, plus métissé. Hors des communautés où elle se pratiquait jusqu'alors presque exclusivement, on la rencontre lors de salons, où l'on expérimente ses méthodes et ses décoctions, ou encore dans les centres de santé mixtes, comme le Jambi Huasi de la ville d'Otavalo. Le Yachac, shaman quechua, y côtoie le dentiste, et la Partera, sage-femme traditionnelle, voisine avec le gynécologue-obstétricien. On y analyse l'urine en laboratoire, ou bien chez la fregadora, à la lumière du soleil. Quand à la radio, le patient à le choix entre les rayons X ou... le cochon d'Inde, que l'on frottera longuement sur son corps avant d'observer de près ses entrailles.
Les deux médecines, traditionnelle et occidentale, cohabitent et se respectent, duand elles ne vont pas jusqu'à collaborer. Pratiquées dans un lieu commun, elles témoignent de l'évolution de la société équatorienne vers le respect des différences mutuelles.
Texte : Nadège Mazars.