Creuser, porter, souder, conduire, réparer, construire, bâtir, démolir, creuser, nettoyer, travailler, servir, mettre, remettre, retirer, obéir, amarrer, équiper, surveiller, sculpter, forger, tailler, balayer, entretenir, couper, récolter, planter, vérifier, lisser, poncer, aiguiser, ravaler, équilibrer… sont autant de verbes dont l’homme ne pourrait pas se désoeuvrer. Derrière chacun de ces gestes, on trouve des hommes et des femmes qui appartiennent à la grande famille des ouvriers. Ils représenteraient plus de 50 % de la population mondiale. Pourtant, comme le disait la philosophe Simone Weil, « les ouvriers existent mais on ne les voient pas ». Cette infime sélection de ce travail débuté il y a plus de deux ans sur le continent africain et en Europe, se poursuivra au fil des rencontres. Par ces images, j’aimerai aller au-delà de la simple visibilité de la condition ouvrière, pour décrire la beauté de ce qu'est leur travail, la précision de leurs gestes, l’ardeur et de reconnaître la dureté, la difficulté de leurs actions si souvent dénigrées; ces actions inhérentes à la construction de nos sociétés et qui rendent le verbe noble.